Et j'ai l'impression d'être seule. Seule comme jamais je ne l'ai été. Tant de personnes manque à ma vie.
J'ai rêvé de toi, Will. Tu étais enfermé, boulversé, térassé. Quand je t'ai aperçu j'ai reçu un choc électrique. Je t'avais cru mort tout ce temps. Mais tu étais la. J'ai voulu te prendre dans mes bras, te dire que tu comptais pour moi plus que tu ne pouvais l'imaginer. Tu n'aurais pas pu comprendre. Tu ne pouvais pas comprendre que j'avais rêvé ta mort alors qu'en réalité tu étais juste enfermé ici. Tu n'imagines pas la tristesse que tu m'as donnée.
William, je me suis réveillé dans ce rêve. La vraie réalité se passe dans ma tête, dans mes pensées. La réalité se cache dans ma façon de voir les choses, dans la subjectivité. La vérité est ce que je crois. Les rêves sont durant ce jour, où l'on nous impose tout, où tout semble coller à terre, où rien ne s'élève vraiment. Tu es la, pour de vrai. Comme je ne te vois plus dans l'irréalité, s'il te plait, viens me voir dans ma réalité. Tu manques.
J'ai parlé avec toi, A. Tu sais, si je m'emporte aussi vite, c'est parce que je souffre. Je ne supporte pas te voir si peu. Oui tu dis des choses, mais tu n'imagines pas la puissance des mots. Les mots sont magiques et ont des forces salvatrices et mortelles. Ton silence me glace, tes sous-entendus m'écorchent. Je suis trop fragile lorsqu'il s'agit de toi. J'essaye de ne pas trop m'émouvoir, j'essaye de ne pas me proteger en ripostant les attaques. A, c'est parce que je t'aime indéfiniment que je suis comme ça. Pardonne moi, c'est juste que tu manques.
J'ai pensé à toi, Bastien. Oui je pense que tu as le droit à ta place ici, comme les autres. Les premières neiges sont la, et je ne peux partager mon enthousiasme qui arrive à bon point dans ma vie. Je n'entends plus tes mots depuis longtemps, je n'entends plus ta mélodie, ta poésie. Et ta présence, si conceptuelle soit-elle manque aussi. Ce n'est pas parce que l'on ne voit pas quelque chose, qu'elle ne compte pas. Une chose compte dès qu'on sait qu'elle existe. Tes mots je ne les ai jamais vraiment entendu, je connais seulement leur existence.
Je me demande ce qu'il advient de toi. Je suis désolée de ne pouvoir t'oublier. N'oublie jamais d'écrire. L'amour de ta vie, c'est elle, l'écriture. Ton échapatoire, ton monde, ton expression. Toi aussi, tu manques.
Un, deux, trois, Soleil. Ces trois oiseaux je les vois, mais je ne les atteinds pas.Scintillantes, merveilleuses, glacées, régénérantes. Elles tombent à pic. Un leger souffle me les apporte, pour me rappeler à la vie, pour me rappeler l'enfant que je suis, pour me souvenir de moi. Chaque magie tombée du ciel, je vous les dédies un à un. Pas qu'à vous trois. Mais à vous tous, vous qui comptez pour moi mais ne demeurez plus à mes cotés. J'ai comme besoin de vous.



